Le félibrige est une association littéraire qui a été fondée au Château de Font-Ségugne, à Châteauneuf-de-Gadagne (Vaucluse), le 21 mai 1854, jour de la Sainte Estelle, par sept jeunes amis et poètes provençaux, désireux de tirer leur langue de l’oubli. Ils sont appelés li primadié.

       Le but de cette association a été très bien défini dès le début : créer une association d'esprits choisis et sérieux qui ont la volonté et les compétences pour restaurer la langue et la littérature provençale, loin des troubaires faciles et grossiers. Afin de se démarquer du reste des poètes provençaux qu'ils jugeaient banals et vulgaires, les sept amis choisirent un nom original, et personnel : le Félibrige. Ce nom vient d'une vieille chanson : l'Oraison de Saint-Anselme, apportée à la réunion par Frédéric Mistral, dont le texte qui se récitait naguère à Maillane son village d’origine, décrit : ... avec les docteurs de la Loi, avec les sept Félibres de la loi (Eme li set felibre de la lèi). Etant donné qu'ils étaient eux-mêmes sept et qu'ils désiraient incarner "la loi nouvelle de la poésie", les félibres représentaient donc "les docteurs de la loi".

       Les sept félibres sont : tout d'abord Joseph Roumanille (1818-1861), véritable Père du Félibrige et compère de Frédéric Mistral (1830-1914), qui sera un des membres les plus actifs. Théodore Aubanel ( 1829-1886), sera avec les deux premiers cités, un des trois piliers du Félibrige. A ces trois-là, il convient d'ajouter Anselme Mathieu (1828-1895), compagnon de poésie de Mistral depuis le collège. Jean Brunet (1822-1894), faisait aussi partie de ces félibres, ainsi que Paul Giera (1816-1861), et Alphonse Tavan (1833-1905).

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Les sept félibres de Font-Ségugne

Au point de vue linguistique, le Félibrige souhaite restaurer la langue provençale en lui donnant une orthographe et une grammaire, perdues par les longs siècles d'abandon. Les félibres comprirent rapidement que pour atteindre leur but, il ne suffirait pas de produire une langue épurée, de magnifiques poèmes, mais qu'il fallait aussi s'adresser directement au peuple auquel il fallait réinculquer les valeurs de la langue provençale. Les félibres rédigèrent un outil de propagande, à but non lucratif, sur une idée de Roumanille : l'Armana prouvençau. Cet almanach, entièrement rédigé en provençal, énonçait les prochaines manifestations, les fêtes, mais aussi et surtout contenait l'histoire de la Provence, afin d'enseigner aux Provençaux leur passé et de les initier à la littérature provençale.

Les premiers statuts du Félibrige, en 1862, établissaient un nombre restreint de membres répartis en sept sections. Depuis 1876, le Félibrige compte des félibres mainteneurs, en nombre illimité, et des félibres majoraux, au nombre de cinquante.

Les adhérents de l'association sont appelés félibres mainteneurs (felibre mantenèire). Ils sont répartis en sections appelées maintenances (mantenènço). Le Félibrige compte actuellement six maintenances : Aquitaine, Auvergne, Gascogne-Haut-Languedoc, Languedoc-Catalogne, Limousin, Provence. Chaque maintenance est administrée par un bureau composé d'un syndic (sendi), de vice-syndics (souto-sendi), d'un secrétaire (secretàri) et d'un trésorier (clavaire).

Les félibres majoraux (felibre majourau) sont élus à vie par cooptation et détenteurs d'une cigale d'or, qui se transmet à leur mort comme un fauteuil d'académie. Chaque cigale porte un nom symbolique référent à une région, à une ville, à un fleuve ou à une valeur félibréenne. Les félibres majoraux composent le consistoire qui est le gardien de la philosophie de l'association.

Le Félibrige a un Capouliè qui détient la responsabilité première du Félibrige. Il est élu pour un mandat de quatre ans renouvelable par ses pairs, les félibres majoraux, ainsi que par les syndics (sendi) et les délégués des maintenances. Il porte l'étoile à sept branches, en or, insigne de sa charge. Il est aidé par un secrétaire général (baile), un trésorier (clavaire) et par des assesseurs (assessour).

Frédéric Mistral fut le premier capoulié du Félibrige.

Le félibrige possède en son sein, une académie appelée consistoire (counsistori), garante de la philosophie félibréenne, composée de cinquante majoraux, dont le Capoulié, élus à vie par cooptation. Le majoral (majourau) est détenteur d'une cigale d'or portant le nom que lui donna son premier titulaire. Respectant l'usage académique, les nouveaux majoraux sont invités à prononcer après leur élection, l'éloge (laus) de leur prédécesseur.

Comme nous l’avons compris, quiconque adhère au Félibrige pour défendre la langue et la culture d'Oc est nommé mainteneur (mantenèire). Les mainteneurs portent comme insigne une pervenche d'argent : ce sont les maîtres en gai-savoir (mèstre en gai-sabé) reconnus pour leurs mérites littéraires ou les maîtres d'oeuvre (mèstre d'obro) reconnus pour leurs actions. Les mainteneurs sont en nombre illimité.

Les membres du Félibrige sont appelés Félibres. Ils peuvent être mainteneurs ou majoraux.

Concernant le terme félibre, il serait ici intéressant de rappeler les paroles de Paul Ruat : "Et puis, si on vous demande un jour ce qu'est un félibre, vous pourrez répondre ceci : un félibre est un patriote régional qui aime son pays et qui cherche à le faire aimer; un félibre est un ouvrier de la plume et de la parole qui prend plaisir à parler la langue de son enfance que parlaient ses aïeux ; un félibre est celui qui fait valoir et connaître nos célébrités locales, nos artistes de la truelle, de la scie et du pinceau, afin qu'un rayon de ces gloires du terroir rejaillisse sur la France, pour que la grande patrie soit toujours plus belle, plus forte, plus unie."

Sources :

Wikipédia

Notre Provence

Félibrige, Lou Raioulet